Sur la peur d'être soi.

      Avez-vous souvent le sentiment d’un décalage avec les personnes qui vous entoure ? L’impression que ce qui est attendu de vous, de la part de vos proches, vos amis, votre patron ou vos collègues ne corresponds pas à ce que vous souhaiteriez être, et donner ? La douloureuse sensation de subir votre environnement, que les volontés qui vous entoure s'accumulent et vous tordent ? De telle sorte qu’il vous arrive d’exploser de rage et de colère pour des motifs souvent dérisoires lorsque vous avez le sentiment que la coupe est pleine ?

      Est-ce que, d’ailleurs, la simple idée de hurler vos émotions à la tronche de ceux dont vous fantasmez l’oppression vous fait doucement rêver la nuit, mais pâlir de honte quand l’occasion se présente ? 

 

   Dès lors, vous vous sentez obligé de revêtir votre masque. Celui de la bienséance en toute circonstance, et de l’acquiescement silencieux à tout ce qui se déroule devant vous. Et ce, même si cela contrarie fortement vos intérêts personnels, voir, pire encore, vos valeurs. D’autres encore, se cacheront derrière des substituts chimiques (cannabis et autre) pour diminuer la frustration de vivre en spectateur de sa médiocre existence.

 

 

       Et bien tout cela, c’est parce que vous avez peur ! Oui peur, seulement ça.

      Vous n’osez pas exprimer vos limites, vous n’osez pas exprimer vos désirs, et in fine, vous n’osez pas vivre la vie de la personne que vous êtes, et ce, par peur de vous attirer l’inimitié, le licenciement, la solitude, et que sais-je encore. Vous portez ce masque dans l’hypothétique espoir que les gens vous apprécient et ne s’éloignent pas de vous (oserais-je ajouter ; comme ils le font à chaque fois ?). 

      Aujourd'hui encore je me ferai rapporteur de citation; « La peur n'empêche pas de mourir, elle empêche de vivre » du célèbre écrivain Naguib Mafhouz.

 

 

      Et bien désolé de devoir briser vos fantasmes (car tout ceci se passe effectivement dans votre tête, et uniquement la vôtre), ce n’est pas un comportement qui favorise les liens ni même le respect. Et même bien au contraire. Même si vous croyez faire illusion, l’hypocrisie se sent, elle ne dérange pas forcément (tout dépend des motifs qui l’implique), mais elle empêche de facto l’établissement d’un lien durable et sincère avec les personnes qui vous entoure. 

Pour être plus clair, elle empêche les personnes autour de vous traiter comme vous le souhaiteriez, car elles n’ont aucune idée de qui vous êtes et de ce que vous attendez.

      Dans les relations les plus impersonnelles d’ailleurs, elles (les personnes qui vous entourent) finissent même par se dire que vous cherchez volontairement à être dénigré. C’est ce que l’on voit caricaturé dans de nombreux films et séries hollywoodien, ou un petit employé timide se fait malmener par son supérieur hiérarchique direct mégalomane et extraverti.

 

      Cessez donc de vous chercher des diagnostics fourre-tout pour justifier votre lâcheté. Vous n’êtes ni victime de troubles anxieux généralisés, ni victime d’agoraphobie, ni borderline. Vous avez peur de vous dévoiler, et restez paralysée, figé devant cette peur, comme une biche devant les phares d’une voiture. 

Sauf que dans votre cas, puisque le danger est imaginaire (j’en veux pour preuve, tous les gens qui sont eux-mêmes et qui ne sont ni seules, ni mort), et bien le choc n’arrive jamais. Et si vous n’en prenez pas conscience, vous pouvez vivre ainsi toute votre vie, rassurée par une psychiatrie qui vous déresponsabilise de cet état de fait.

 

 

       Mon avis sur la question est que vous réfléchissez vos relations (amicales, professionnelles et autres...) à l’envers. Il ne faut pas penser : « par qui puis-je me faire accepter », puis, « pourquoi tout le monde fini toujours pas m’abandonner ? » mais plutôt : «  Qui est-ce que je souhaite conserver à mes côtés », puis, « comment puis-je participer au fait qu’ils se sentent bien avec moi ».

       Gardez en tête que même une plante verte a besoin qu’on s’occupe d’elle, une simple plante à besoin d’engrais, de soleil et d’arrosage régulier (ce qui implique des actions volontaires de votre part). Alors imaginez une relation amicale voir amoureuse ! 

Tout cela est vivant, et il ne suffit pas d’en lustrer la photo de temps en temps pour que la relation brille. Il faut la faire vivre, avec tous les devoirs que cela incombe. Prise de nouvelles régulières, commentaires de fait d’actualité dans les domaines que vous partagez, compliments si nécessaires. Seulement ensuite vous pourrez vous permettre de la vivre ! 

 

       Et oui, tous cela prend de temps et de l’énergie. Mais j’ai une nouvelle pour vous. C’est pareille pour tout le monde, et vous n’êtes pas moins bien armée que les autres, vous avez juste passé plus de temps à négliger cet aspect de votre vie, vous avez simplement moins d’expérience.

      J’ajouterai également, que pour le salut de notre espèce (rien que ça), vous avez sur vos épaules, vous qui êtes doué d’une sensibilité (que certains d'entre vous peuvent reprocher aux autres de ne pas avoir), la responsabilité de dire ce que vous voyez et pensez. Trop d’erreurs sont commise tout champs confondus, par cette peur lâche de parfois dire la vérité aux gens qui vous entoure. 

       Et savez-vous ce qui reste dans les têtes lorsque les vérités ne sont pas dites ? Le mensonge.

 

 

       Alors en vérité, je vous le dis, la solution est simple. Mais simple ne veut pas dire facile, il y a des efforts à fournir, un type d’effort que vous n’avez encore peut-être, jamais fournis jusqu’ici dans votre vie. 

    Faites donc tomber la barrière de la peur. Dites ce que vous pensez. Que risquez-vous après tout ? Vous êtes déjà régulièrement prêt à tout plaquer, à tout envoyer valser, parfois à vous suicider. Qu’est-ce qu’une remarque désobligeante à votre égard face à un acte aussi définitif que le suicide ? Essayez et vous verrez que je ne vous mens pas. C’est la bouffée d’oxygène que vous attendez depuis tant d’années. Restera ensuite à le faire à intervalle régulier (spoiler : on appelle ça respirer).

Vous avez très peu à perdre et beaucoup à gagner. C’est de cette manière que la majorité des gens fonctionnent, nous sommes tous des cocottes minutes soumis à la chaleur, et le meilleur moyen de ne pas exploser et de relâcher la pression régulièrement, et cela passe par dire ce que vous pensez.

Même si ce que vous pensez est imparfait, incomplet, ou même bête si c’est ce que vous pensez sur le moment ; dites-le, les paroles ne sont pas gravées dans le marbre, et souvenez-vous que le seul moyen de faire cheminer une pensée, c’est de la confronter à l’adversité.

 

édité le 22/01/2021

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